Le maori est belliqueux. C'est dans sa nature.
Depuis qu'il s'est installé dans l'île, il déploit ses traditions de luttes intestines, digne de la Guerre des Boutons : à coup danses traditionelles (haka) et de coups de poings dans la tronche.
Société divisée en deux catégories -les rangatira pour les aristo et les tutua pour le petit peuple- les villages (iwi) regroupent plusieurs clans (hapu) qui sont constitués de plusieurs whanau (famille étendue).
Sachant que tout ce petit monde peut en venir aux mains pour un bout de saucisse ou un regard de travers, ça chauffe pas mal. C'est convivial, quoi. Ca entretient et tout est bon pour partir à la guerre, cela constitue un bon moyen de cohésion au sein de chaque Iwi de partir se castagner pour un marchage intempestif sur les doigts de pieds du chef . Comme à notre époque, le brassard de chef est sacré... 
Et là, le chef, il est pas content. Il a mal à ses plumes.
Pis, ça dégourdit les jambes, et ça entretient le moral des gars, qui en ont ras le bol de se castagner entre eux. Ca va 5mn...
Le maori ne vit à l'époque pas très vieux (35 ans à tout péter), mais c'est plus à cause des saloperies qu'il mange que des guerres (très peu de blessé lors des batailles et quasi jamais de mort: c'est pour se dégourdir les jambes on t'a dit! Qu'il a fort jolies d'ailleurs...)
Puis, heureusement l'homme blanc (pakéha) est arrivé à la rescousse avec les bienfaits de la civilisation: alcool, prostitution, maladies infectieuses et quasiment à tous les coups, mortelles. 
Là, le maori garde encore le sourire.
Le pakéha arrive surtout avec des mousquets. Parce que c'est quoi ce peuple qui se bat pour entretenir le moral des troupes sans se faire tuer? Y'a bien que Georges Bush pour croire encore que c'est crédible. Et, donc, les maoris se sont, grace aux pakéhas, non plus battus à coup de danse traditionelle, mais avec des balles. Un peu d'efficacité, nom de dieu! 
Et là, le maori fait plus risette. Il fait rien qu'à mourir.
En 2005, par l'opération du Saint Esprit, il reste des maoris. Fiers commes des bars tabacs, et beaux comme des anges. Comme quoi, les pakéhas de l'époque ont fait un boulot de sagouins. Merci!
Pourtant parfois, dans la douce brise du soir, on sent encore l'odeur de poudre et de chaire brûlée.

A moins que ce soit le BBQ des voisins...
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